L’eau facile, c’est fini ? La forte augmentation des pressions anthropiques sur les ressources en eau et les écosystèmes aquatiques, aggravée par les effets du changement climatique, aura de fortes conséquences sociales, économiques et environnementales et d’une façon générale sur toutes les activités humaines d’ici à 2050-2070. Autant d’incidences qui font écho aux préoccupations soulevées aussi en ce qui concerne l’énergie. Car entre l’eau et l’énergie, nombre de paramètres sont similaires et imposent de recourir aux mêmes leviers, avec la même urgence. 

En tirant un signal d’alarme, l’atelier, organisé par Jean-François Donzier (Office International de l’Eau), a donné la parole à treize experts et a ainsi contribué à une meilleure prise de conscience des grands enjeux de l’eau et de l’énergie dans les toutes prochaines décennies.

Un constat alarmant
Rivières, lacs, aquifères, zones humides, réserves nivo-glaciaires… Les experts sont unanimes, tout le système aquatique est concerné par les évolutions en cours. Si les déficits touchent déjà les zones les plus sensibles, ils pourraient s’aggraver car l’ensemble de la demande mondiale en eau va croître de 50 % à l’horizon 2050 : entre le stockage de l’énergie, le refroidissement des centrales thermiques, l’irrigation, les besoins de l’industrie, de la navigation fluviale et des villes, et le soutien d’étiage, on assiste à une exacerbation de la demande en eau. Une compétition accrue entre les activités consommatrices d’eau obligera les décideurs à faire des arbitrages. Outre la question de la quantité de ressource disponible pour permettre un accès à l’eau pour tous, c’est également la question de la qualité de l’eau, soumise à une pollution de plus en plus forte et à des normes de plus en plus exigeantes, qui est également posée.

Consommer moins et gérer mieux, un même impératif pour l’eau et l’énergie
Alors quelles solutions envisager ? Augmenter l’offre est-ce la seule planche de salut ? Faut-il envisager d’organiser la répartition de la ressource ? Une des réponses possibles pourrait se résumer à un double impératif : consommer moins et gérer mieux. Impératif qui fait écho à ceux qui pèsent aujourd’hui sur l’énergie. Indispensables et limitées, l’eau et l’énergie sont en effet concernées par les mêmes urgences : consommer moins en économisant la ressource et en maîtrisant la demande, gérer mieux en limitant les impacts sur l’environnement. Le destin de ces deux ressources est d’autant plus lié que l’eau est indispensable pour produire de l’énergie et l’énergie indispensable pour permettre le traitement, l’assainissement et l’acheminement de l’eau.

Repenser les usages
Si des solutions existent pour augmenter l’offre et diversifier les ressources en eau, la véritable solution ne serait-elle pas plutôt d’agir sur la demande ? Par exemple par un régime d’allocation de la ressource en privilégiant les usages qui créent le plus de valeur pour la communauté ? Pour les participants, c’est bien en organisant une gouvernance des usages de l’eau qu’il deviendra possible d’organiser le partage de la ressource et la conciliation des usages.
Sur le plan de l’énergie, il est essentiel de proposer des solutions qui tiennent compte des interdépendances de l’eau et de l’énergie, toutes deux au centre d’enjeux éco-croissants et de besoins multi-usages.

Ainsi cet atelier a-t-il mis en évidence l’urgence de repenser les usages pour s’adapter à l’évolution des cycles hydrologiques et ajuster la consommation à la ressource disponible.

Intervenants :

  • Jean-François DONZIER, directeur général de l’Office International de l’Eau
  • Pascal MAUGIS, Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement,
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  • Xavier LEFLAIVE, direction de l’Environnement, OCDE,
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  • Alice AURELI, directrice du programme ISARM de l’UNESCO,
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  • Xavier DE LACAZE, chef du projet Explore 2070, à la Direction de l’Eau et de la Biodiversité, MEDDE,
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  • Pierre LACHENAL, président de l’Observatoire de la Montagne,
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  • Jean BAKOUMA, sous-directeur de la Biodiversité Tempérée, WWF France,
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  • Régis THEPOT, directeur général de Grands Lacs de Seine,
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  • Daniel MARCOVITCH, vice-président du SIAAP,
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  • Patrick SAMBARINO, directeur délégué à la coordination de l’eau Alpes Méditerranée, EDF
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  • Gilles BIDEUX, direction Énergies Nouvelles, SUEZ Environnement,
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  • Guillaume BENOIT, Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces Ruraux,
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  • Philippe GUETTIER, secrétaire exécutif du Partenariat Français pour l’Eau.
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