Site EDF Recherche et Développement Les Renardières -  Pose de PVT Pose de panneaux photovoltaïques - Plateforme PVZen (zone d'ensoleillement naturel) Département ENERBAT (efficacité énergétique dans les bâtiments et les territoires) Identification : Manuel Ginjo  Antoine Plotton

C’est une première qui pourrait marquer un virage décisif dans la production et la consommation électrique. Le 24 novembre dernier, la ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer a sélectionné 72 projets du secteur industriel et tertiaire dans le cadre du premier appel d’offres dédié aux projets d’autoconsommation électrique à partir d’énergies renouvelables. Zoom sur les implications de ce changement de modèle pour les entreprises.

En août 2016, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) lançait le premier appel d’offres portant sur l’autoconsommation électrique dans les sites industriels et tertiaires. Cette tranche qui rassemble les premiers projets pour un volume total de 20 MW sera suivie d’une deuxième dès février 2017 pour un volume identique. Toutes deux devraient permettre de subventionner des installations d’énergies renouvelables avec un objectif double : inciter les industriels à produire leur propre électricité verte et faciliter la gestion du réseau électrique dans les zones qui enregistrent un déséquilibre offre-demande.

Autoconsommation électrique : consommation locale et flexibilité sur le réseau

Pari relevé. Parmi les 72 projets d’autoconsommation électrique retenus, 32 se concentrent entre la région PACA et l’Occitanie, deux régions qui à la fois connaissent de forts déficits de production et dont la position géographique est favorable aux projets solaires. Si le transporteur d’électricité RTE y gagne pour améliorer la flexibilité du réseau, les entreprises s’y retrouvent aussi car l’autoconsommation répond à de nouvelles aspirations. Nicolas Couderc, directeur France et énergies réparties d’EDF Énergies Nouvelles (EDF EN), en est convaincu : « l’autoconsommation électrique est une tendance de fond et répond à une vraie demande sociétale et environnementale, tant de la part des entreprises que des particuliers. »

Si toutes les technologies renouvelables étaient admises dans l’appel d’offres (solaire, petit hydraulique, éolien), les 72 projets retenus sont exclusivement photovoltaïques. Et plus de la moitié concerne des grandes surfaces à l’instar du Groupe Casino, qui à lui tout seul a réussi à décrocher 17 projets sur plusieurs magasins en France.

Au-delà de l’électricité verte, une visibilité sur ses coûts

Pour Nicolas Couderc, pas de doute, si le marché de l’autoconsommation électrique a le vent en poupe, c’est dû à plusieurs facteurs. Premier levier déterminant, l’effondrement des prix du photovoltaïque. « Réaliser des installations PV sur des toitures coûte deux à trois fois moins cher qu’il y a 5 ans. Désormais, le coût de l’électricité produite atteint 140 €/MWh » Un prix certes attractif, mais aujourd’hui les entreprises qui développent des projets d’autoconsommation électrique ne le font pas uniquement pour des raisons économiques. « Nous arrivons à développer des produits qui ont un intérêt économique pour elles, mais la visibilité sur les coûts futurs et le bénéfice environnemental jouent également dans la décision des entreprises » insiste Nicolas Couderc.

En effet, la production et la consommation d’électricité verte restent un argument décisif, de même que la sécurisation de sa production sur 20 ou 25 ans et la maîtrise de sa facture. Une fois le panneau posé et payé, l’entreprise produit son électricité avec un coût d’exploitation très faible pendant deux décennies. Le temps de retour sur investissement, variable suivant les installations, pourrait s’annoncer d’autant plus court si les prix de l’électricité augmentent.

Autre élément incitatif, l’émergence d’un cadre régulatoire favorable : la systématisation des appels d’offres lancés au rythme d’un ou deux par an ces prochaines années par les pouvoirs publics formalise le dispositif de subvention pour l’électricité réinjectée sur le réseau.

De l’autoconsommation électrique à la réinjection sur le réseau

Pour faciliter le développement de l’autoconsommation, l’appel d’offres de la CRE prévoit une option d’autoconsommation électrique et une valorisation du surplus d’énergie réinjecté. Cependant le calcul de la prime est ainsi fait qu’il récompense les candidats qui ont le meilleur taux d’autoconsommation et qui produisent leurs meilleurs efforts pour éviter de réinjecter.
Entre autoconsommation totale ou autoconsommation partielle, quelle solution choisir ?

Pour Nicolas Couderc, chaque solution présente ses avantages et ses inconvénients.
« L’autoconsommation totale est à privilégier, elle simplifie le design du système et son raccordement.
Le dimensionnement de l’installation doit être fait sur-mesure pour que la production photovoltaïque soit synchrone avec la consommation ou prévoir des capacités de stockage, pour ne pas que l’électricité produite soit perdue. »
Reste que le jeu peut en valoir la chandelle. « Le prix de la prime prévue pour rémunérer l’électricité autoconsommée s’élève en moyenne à 41 €/MWh, souligne Nicolas Couderc.
Ce cadre est donc très incitatif, il favorise clairement l’émergence du marché chez les industriels. »

Pour compléter le dispositif, des expérimentations d’autoconsommation électrique collective sont à l’étude. Objectif, associer et interconnecter plusieurs consommateurs sur une même zone (site industriel, parc d’activités ou immeuble) pour mieux synchroniser production et consommation.
« Un tel système devrait permettre d’accélérer encore davantage le mouvement pour optimiser la demande électrique à l’échelle d’un site ou d’un quartier pour des activités qui n’ont pas lieu au même moment. »

Un nouveau rôle pour les énergéticiens ?

Consommer local, vert et responsable, les aspirations des entreprises consommatrices sont en pleine évolution. EDF ENR Solaire en a la confirmation tous les jours : « le changement d’attentes des clients entreprises est manifeste et ne cesse de se confirmer depuis quelques années. Notre métier d’énergéticien est d’apporter des réponses à ces nouveaux besoins. » Toutes les tailles, tous les profils d’entreprises sont concernés : des stades aux hangars agricoles, de l’équipement de centres de recherches ou de supermarchés. « Nous étudions aussi des solutions avec batteries car le stockage d’énergie va rapidement occuper une place stratégique. Nous en sommes encore au tout début. Mais le succès de ce premier appel d’offres montre que la tendance à l’autoconsommation électrique va se généraliser et que le secteur est voué à une croissance rapide ! »

À chaque entreprise, ses solutions d’autoconsommation électrique

  • Un impératif : avoir une emprise foncière, autrement dit être propriétaire d’un toit, un parking ou de l’espace exploitable pour permettre l’installation des panneaux solaires.
  • Techniquement, le projet est livré clé en main par EDF ENR Solaire. Le système est opérationnel dès le jour de livraison, les branchements et les équipements sont assurés, l’entreprise n’a rien à faire d’autre que l’entretien courant.
  • EDF ENR Solaire optimise le dispositif suivant la taille et le profil de consommation de chaque client. Par exemple, pour un supermarché disposant d’une chaîne de froid : dimensionnement de la taille de l’installation photovoltaïque pour que toute l’électricité produite soit autoconsommée. En cas d’activité cyclique, une solution avec réinjection d’une partie de la production sur le réseau sera mise en place.

 

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