L’analyste pédagogue des marchés énergétiques au niveau européen

S’il affirme qu’« émettre des prévisions, dans le domaine de l’énergie pour un pays entier n’est pas chose aisée », Jacques Percebois s’y essaie tout de même. En 2011, missionné par le gouvernement, il a participé à l’élaboration de deux rapports sur l’avenir énergétique français : « Trajectoires 2020-2050 » et « Énergies 2050 ». Expert du mix énergétique et de la tarification, il sait lire entre les lignes des objectifs énergétiques pris par les différents États. Et en tirer des analyses originales. La Commission européenne valide le mécanisme de soutien public proposé par le Royaume-Uni pour renouveler son parc nucléaire ? Il en déduit que la Commission européenne « reconnaît que l’investissement dans le nucléaire ne peut pas être fait sans un soutien public et une visibilité de rentabilité à long terme ».

Une vision du nucléaire réaliste jamais négative

Dans le chorus des experts de l’énergie et du climat, souvent annonciateurs de lendemains qui déchantent, la voix de Jacques Percebois tranche, faisant entendre un autre aspect des problèmes posés. « Ce qui est positif, c’est que notre pays a, depuis un siècle, toujours pris les bonnes décisions au bon moment pour les transitions énergétiques antérieures ». Par exemple, Jacques Percebois se réjouit que la France ait pris le parti de ne pas sortir du nucléaire pour l’instant et de prolonger la durée de vie de ses centrales. « Cette décision relève du bon sens. Ce serait détruire de la valeur économique que de les arrêter ». Sans compter que, selon lui, rentabiliser le nucléaire existant permet de garantir un kilowatt heure bon marché. Un argument d’importance à l’heure où rôde la précarité énergétique. Dans un contexte où aucune énergie ne peut se prévaloir de cumuler toutes les vertus, « le nucléaire est celle qui permet de concilier coût de production et coût pour l’environnement ».

Un sens de l’atterrissage pragmatique

Attentif aux subtils rapports de forces qui régissent le monde de l’énergie, Jacques Percebois ne perd pas de vue les effets concrets de la dérégulation des marchés de l’énergie. Lors de son premier atelier de l’Observatoire, il a mis l’accent sur la gestion de la pointe électrique. Une préoccupation majeure pour les fournisseurs d’énergie comme pour les entreprises. Jacques Percebois est l’un des premiers à avoir défendu les mérites de l’effacement. « Réduire la demande de pointe, c’est réduire les émissions de CO2 et économiser des investissements de précaution ».

Repères

  • Depuis début 2011 : Président du Conseil Scientifique de la Fondation Tuck (IFP-Énergies Nouvelles).
  • Depuis 2004 : doyen honoraire de la Faculté des Sciences Économiques de l’Université de Montpellier après y avoir été doyen de 1994 à 2004.
  • Depuis avril 2007 : membre de la CNE2 (Commission Nationale d’Études et Recherches sur la gestion des matières radioactives).
  • De 2011 à mi-2013 : Vice-Président pour les publications de l’IAEE (International Association for Energy Economics).
  • 2011 : Président de la Commission « Énergies 2050 » chargée d’examiner plusieurs scénarios des prospectives énergétiques (scénarios nucléaires en particulier). Rapport remis en février 2012 au ministre chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie numérique, M. Eric Besson.

En 6 titres

  • Professeur émérite agrégé en Sciences Économiques à la Faculté d’Économie de l’Université de Montpellier.
  • Docteur d’État en Sciences Économiques, diplômé de l’Institut d’Études Politiques.
  • Directeur du Centre de Recherche en Économie et Droit de l’Énergie (CREDEN).
  • Membre d’ART-Dev (UMR CNRS n° 5281).
  • Prix 2006 de l’IAEE (Award décerné par l’International Association for Energy Economists).
  • Officier des Palmes Académiques.

Publications notables

Sélection parmi 12 livres et 141 articles publiés.

Livres :

  • Énergie, économie et politiques, co-écrit avec Jean-Pierre Hansen, Éditions de Boeck, 2010 (préface de Marcel Boiteux et avant-propos de Jean Tirole ; prix AFSE 2011 et prix AEE 2011).
  • Les réseaux électriques au cœur de la civilisation industrielle, co-écrit avec Christophe Bouneau et Michel Derdevet, Éditions Timée, 2007.
  • Énergie et théorie économique, Éditions Cujas, 1998.

Articles :

  • « Les contraintes imposées aux réseaux européens par l’injection d’électricité intermittente », Revue de l’Électricité et de l’Électronique, n°2, 2014.
  • « Les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables, forces et faiblesses », Revue de l’Énergie, n° 617, 2014.
  • « Le nucléaire civil entre doutes et espoir de relance », Questions Internationales, n°65, 2014.
  • « The French paradox: competition, nuclear rent and price regulation », chapitre en français, F. SIOSHANSI Ed., « Evolution of global electricity markets », Elsevier, 2013.
  • « Les conclusions du rapport Énergies 2050 sur les perspectives du nucléaire en France », dans Annales des Mines – Réalités industrielles, n° spécial « Le nucléaire du futur », 2012.

POUR EN SAVOIR PLUS