Une vision prospective fondée sur une culture énergétique de longue date

Jean-Marie Chevalier l’a diagnostiqué dès son premier atelier pour l’Observatoire, en novembre 2012 : la transition énergétique n’avance peut-être pas vite au niveau national, mais en régions, elle trépigne. « Beaucoup d’initiatives basées sur des ENR sont développées sur les territoires. Avec des citoyens de plus en plus participatifs, le territoire local semble être l’échelon pertinent de la dynamique énergétique » ! L’agrégé d’économie, spécialiste des questions énergétiques depuis les années 1970, qui a enseigné l’économie industrielle et l’économie de l’énergie d’Alger à Paris, en passant par Grenoble et Rabat, a le recul nécessaire pour repérer les indices du changement et décrypter les tendances.

L’art de mettre les faits en perspective

S’il se montre satisfait par le consensus trouvé par 28 pays européens autour de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, il reste prudent sur l’avenir d’une politique énergétique commune en Europe. « Les pays sont inscrits dans la construction d’un marché concurrentiel pour le gaz et l’électricité, alors ils doivent faire face à cette équation complexe : concilier concurrence et développement durable ». Dans ce contexte, comment, par exemple, reprocher à la France de ne pas être dans la même logique de renoncement au nucléaire que l’Allemagne ? Sans compter, comme le rappelle Jean-Marie Chevalier, que chaque pays doit assumer son histoire. « Envisager la fermeture progressive des centrales, à commencer par celle de Fessenheim, n’est pas la stratégie la plus pertinente d’un point de vue économique. Il serait plus intelligent que la France assume ses choix passés en cherchant à combiner des critères de sûreté nucléaire et des critères économiques ».

Partisan d’une plus grande coopération franco-allemande

Les divergences énergétiques entre la France et l’Allemagne n’empêchent pas Jean-Marie Chevalier d’affirmer que de grands lendemains coopératifs les attendent. « L’Europe se fait et se fera avec une coopération entre les deux pays». Pas étonnant si ce parrain qui sait voir loin est régulièrement consulté par les plus hauts responsables du pays. Un exemple ? D’octobre 2009 à février 2010, il a présidé, à la demande de Christine Lagarde, alors ministre de l’Économie, un groupe de travail sur la volatilité du prix du pétrole.

Repères

  • 2010 : dans un rapport remis à Christine Lagarde sur la volatilité du prix du pétrole, Jean-Marie Chevalier recommande une régulation plus fine des marchés financiers des produits dérivés et une meilleure coopération internationale sur le sujet.
  • Jusqu’en 2010, il a dirigé le Centre de Géopolitique de l’Énergie et des Matières Premières (CGEMP) à l’Université Paris-Dauphine.
  • De 1975 à 1991 : il enseigne les sciences économiques à l’ENA.

En 6 titres

  • Diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris.
  • Docteur en Sciences Économiques (Université Panthéon-Sorbonne).
  • Agrégé de Sciences Économiques.
  • Professeur émérite à Paris-Dauphine (depuis 2011).
  • Senior associé aux Cambridge Energy Research Associates (IHS-Cera).
  • Membre du Cercle des Économistes.

Travaux ou publications notables

Ouvrages :

  • Transition énergétique : les vrais choix, avec Michel Cruciani et Patrice Geoffron, Éditions Odile Jacob, 2013.
  • L’avenir énergétique : cartes sur table, avec Michel Derdevet et Patrice Geoffron, Gallimard, Folio Actuel 2012. Prix de l’Association Française des Économistes de l’énergie.
  • Les grandes batailles de l’énergie : petit traité d’une économie violente, Gallimard, Folio Actuel, 2004 (révisé en 2012).

Rapport :

  • En 2007, Jean-Marie Chevalier a présenté à Christine Lagarde, un rapport co-écrit avec Jacques Percebois dans lequel ils préconisent une plus grande diversification de l’approvisionnement gazier de l’Europe :
    Gaz et électricité : un défi pour l’Europe et pour la France, Conseil d’Analyse Économique, La Documentation Française, 2010.

POUR EN SAVOIR PLUS