Le 23 juin dernier, l’Observatoire Énergies d’Entreprises a organisé un Grand Rendez-vous (GRO) à Lille entre des responsables d’entreprises de la région Nord-Pas-de-Calais et trois de ses parrains : Bertrand Barré, Jean-Marie Chevalier et Jean-François Donzier. Retour sur cinq moments phares.

À découvrir aussi en vidéo : la conclusion des trois parrains sur le Grand Rendez-vous de l’Observatoire.

1. Disséminer les savoirs

Pour relever l’ambition qu’il s’est donnée (permettre aux entreprises de prendre un coup d’avance), l’Observatoire Énergies d’Entreprises observe « à 360° », comme aime à le rappeler son directeur Emmanuel Bénéfice, et se déploie partout où l’innovation entrepreneuriale donne des signes de dynamisme.
Le 23 juin dernier, il avait emmené trois de ses parrains à Lille pour échanger avec des chefs d’entreprises du Nord-Pas-de-Calais. Pourquoi à Lille ? « Le Nord est une terre d’entreprises et d’innovations. Quelque chose y est en gestation, qui sonne comme une promesse d’avenir », a déclaré Alain Laruelle, Directeur Commerce EDF Région Nord-Ouest, en introduction de ce Grand Rendez-vous. Or, comme il est important que les chefs d’entreprises ne soient pas isolés, ainsi que l’a relevé Frédéric Motte, le président du MEDEF de Lille Métropole, « il est nécessaire de tisser des liens pour développer un écosystème qui leur soit favorable ». La Maison des Entrepreneurs de Marcq-en-Barœuil a donc accueilli et mis à l’honneur quelques-unes des entreprises et collectivités du Nord-Pas-de-Calais remarquables par leur capacité à rebondir et à innover. Une initiative en phase avec les convictions du parrain de l’Observatoire Jean-Marie Chevalier : « Je suis convaincu qu’il faut sortir du modèle jacobin où le bon exemple vient d’en haut. La dynamique économique a changé : l’intelligence énergétique et entrepreneuriale part des régions. Il faut prendre appui sur ce qu’il s’y passe et faire en sorte de disséminer les savoirs ».

2. Prendre appui sur les contextes technologiques et énergétiques

Le Nord-Pas-de-Calais compte plusieurs entreprises familiales qui savent transmettre, de génération en génération, le désir de poursuivre et d’amplifier le talent de son prédécesseur. Comment réussissent-elles à évoluer et à s’adapter aussi bien ? La question a fait l’objet d’une première table ronde présidée par Jean-Marie Chevalier. Un reportage plonge l’assemblée du GRO dans les entrailles d’une minoterie. Et de découvrir qu’en cent ans, elle est passée du moulin à vent à la mécanique des fluides pour fractionner les grains et les réduire en différentes farines alimentaires. L’exemple inspire le parrain de l’Observatoire : « Voilà une entreprise qui a su rester en état de veille sur les transformations technologiques. Sa réussite apporte cet enseignement : pour faire face à l’incertitude de l’avenir, il faut trouver la meilleure technologie pour son activité ». Un représentant du Groupe Holder est venu expliquer comment son entreprise, qui englobe l’enseigne Paul, s’est appuyée sur une recherche d’efficience énergétique pour transformer les process de ses trois sites de production et poursuivre son ascension en récupérant la chaleur. Jean-Marie Chevalier a souligné l’intelligence énergétique de cette évolution. 

3. Savoir observer pour que l’innovation ne parte pas de zéro

La deuxième table ronde s’est penchée sur une question stratégique pour les entreprises : celle de savoir où jaillit l’innovation. Comment devient-on une entreprise créatrice de valeur ? Bertrand Barré, qui la présidait, a été conquis par les deux success stories présentées.
La première, le Centre Multimodal de Distribution Urbaine (CMDU) de Lille, illustre la manière dont on peut créer un écosystème avec plusieurs acteurs et autant de paramètres différents en les rassemblant autour d’une problématique commune, en l’occurrence le stockage, et en les entraînant dans un fonctionnement de co-participation. « Voilà un business model à dupliquer », s’est enthousiasmé le parrain. « L’important n’est plus d’inventer la roue, ou de faire mieux qu’avant, comme y sont formés les ingénieurs, mais de débusquer les besoins non exprimés. Pour cela, un maître-mot : il faut observer ».
Deuxième success story qui a permis au parrain de défendre son point de vue concernant l’innovation : celle du Syndicat Mixte d’Élimination et de Valorisation des Déchets ménagers (SYMEVAD). Les 310 000 habitants qu’il représente ont réussi à se regrouper autour d’un projet commun : celui de valoriser leurs déchets en en tirant à la fois une plus-value énergétique et une plus-value économique. D’où l’édification d’une usine de valorisation des déchets ménagers sur le modèle d’une usine allemande. « Cette histoire prouve deux choses », a expliqué Bertrand Barré. « La première est que la contrainte est souvent le début de l’élasticité propice au rebond ; la seconde est que pour innover sur un territoire, il faut aller voir ce qui se passe ailleurs et dupliquer ce qui paraît bien. Cela permet, en plus, de gagner du temps ».

4. Innover à partir d’une quête de performance énergétique

Aux commandes de la troisième table ronde, Jean-François Donzier a pu s’appuyer sur les deux exemples présentés pour souligner que l’eau, comme l’énergie, initiait le même type de quête : celle de chercher à en maîtriser la consommation. Le Conseil Général du 62 (CG62) s’en est servi comme d’un levier pour remettre en question le mode de fonctionnement des différentes structures de son parc bâti : redémarrage des chaudières à six heures plutôt qu’à quatre, installations de robinets limitateurs d’eau, etc. « Mais pour initier de nouveaux fonctionnements, encore faut-il avoir fédéré autour de soi et mobilisé tous les acteurs concernés, sinon cela ne marche pas », souligne le parrain de l’Observatoire. C’est sur l’adhésion de tout le personnel que l’usine chimique Croda, classée site Seveso, a réussi à améliorer les performances de sa station d’épuration industrielle. « La technologie était là, les idées d’organisation aussi, il manquait les processus d’adhésion pour faire travailler les acteurs dans la même direction », a précisé Jean-François Donzier.

5. Partager les expériences qui marchent

Au terme des trois tables rondes et de nombreux échanges avec la salle, les trois parrains de l’Observatoire étaient unanimes pour reconnaître le dynamisme économique et énergétique du Nord-Pas-de-Calais. « J’ai été bluffé par l’originalité de certains modèles économiques qui créent de la valeur ajoutée », reconnaît Bertrand Barré. Reste, comme l’a rappelé Jean-Marie Chevalier à le faire savoir : « Il faut que les territoires fassent du benchmarking pour trouver des idées de développement, c’est fondamental ». Alain Laruelle s’est rangé à cet avis : « Ce Grand Rendez-vous de l’Observatoire dans le Nord-Pas-de-Calais donnera envie, je l’espère, à tous ceux qui expérimentent de leur côté de partager leurs expériences ».

 

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